LE CORONAVIRUS PARALYSE LA PLANÈTE SPORT

Longtemps présentée comme une « simple grippe » par de nombreux observateurs, le coronavirus est découvert au mois de Décembre 2019 dans la ville de Wuhan, située dans la province de Hubei au centre de la Chine.

Moquée, banalisée par les autorités occidentales qui y voient une vulgaire « épidémie de saison », le #Covid19 fait pourtant en quelques semaines des milliers de morts et des dizaines de milliers de contaminés sur le sol chinois. Pire encore, le virus ne tarde pas à traverser les frontières et commence lentement à se propager dans le reste du monde. Chaque jour, des dizaines de nouveaux cas de contamination sont détectés, plongeant ainsi l’Europe puis l’Amérique du Nord dans un climat de psychose. Face à la prolifération de l’épidémie, la panique grandit et la peur s’installe.

Comment combattre un ennemi qu’on ne voit pas ? 

La situation de l’Italie  

Pays le plus touché du Vieux Continent avec près de 3 100 cas confirmés et plus de 400 morts début Mars, l’Italie est rapidement dépassée par les évènements. Telle une équipe oppressée, suffoquée par le pressing adverse, la péninsule est poussée dans ses derniers retranchements. Le réseau de soins du nord de l’Italie est presque saturé, alors qu’au sud, le système hospitalier semble inadapté face au défi sanitaire. L’ampleur de la situation oblige le gouvernement de Giuseppe Conte à décréter le confinement de quinze millions d’habitants. Toute la Lombardie, véritable plaque tournante économique et financière, ainsi que quatorze provinces dont Venise, Parme, Modène ou encore Rimini sont mises à l’isolement. Rien que ça ! Le monde du sport italien n’échappe pas à la restriction puisque le Ministre des Sports, Vincenzo Spadafora annonce un huit-clos total sur tous les évènements sportifs. L’objectif : éviter au maximum les rassemblements et ainsi limiter la contagion du plus grand nombre.   

Le coronavirus : une misère pour l’économie du sport

Face à la menace d’un huit-clos généralisé, le microcosme du football européen, si souvent indifférent aux misères humaines, se met à trembler sur ses bases. Les diffuseurs s’inquiètent du déficit d’images dont souffriront les rencontres qu’ils ont l’habitude de retransmettre tandis que dans les coulisses du pouvoir, on calcule, on spécule déjà sur les retombées économiques qu’une fin de saison sans supporter pourrait entraîner.

Face caméra, l’heure est à la solennité et à la solidarité. Loin des projecteurs et des façades de circonstance, le discours change radicalement. Au diable, la compassion et les éléments de langage ! En haut de la pyramide, les lobbies font grise mine. Cette épidémie du coronavirus fait craindre une récession de l’économie mondiale du sport et un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d’euros. Une somme non-négligeable par les temps qui courent.

Les grandes instances du football, sous-couvert de « favoriser l’équité des compétitions », tentent alors de gagner du temps. Dans un monde où l’argent est devenu un maître, un dieu devant lequel tous doivent courber l’échine, le football continue. Que cela soit dans des stades combles comme pour le Clasico Real-Barça ou dans des enceintes vides pour le derby d’Italie entre la Juve et l’Inter. Peu importe. L’industrie du football est une machine à fric qui tourne à plein régime et qui ne peut pas s’arrêter.

« Show must go on », nous dit-on. L’argent d’abord, la mort ensuite.

Le coronavirus paralyse le sport

Comme si de rien n’était, les matches s’enchaînent, et les médias se déchaînent. La première défaite de Liverpool en championnat après 44 journées. Le spectre d’une nouvelle élimination du Paris Saint-Germain en 1/8ème finale de Ligue des Champions, le déclin du FC Barcelone, le spleen d’Antoine Griezmann, la défaite du Real Madrid contre Manchester City font l’objet d’interminables débats sur les talk-shows consacrés au ballon rond. Entre-temps, le #Covid19 circule encore et fait toujours plus de victimes. En France, en Espagne, mais surtout en Italie où toute une population est désormais placée en quarantaine. Soixante millions d’individus soudainement confinés « a casa ». Déroutant.

Le lundi 9 mars, le Comité olympique Italien (CONI) annonce l’annulation de tous les évènements sportifs sur son territoire et la suspension de la Serie A jusqu’au 3 avril. Les italiens peuvent toujours se consoler en regardant l’Atalanta se qualifier pour leurs premiers quarts de Ligue de Champions ou s’extasier de l’élimination des hommes de Jürgen Klopp, défaits trois buts à deux par l’Atletico dans un Anfield Road rugissant malgré la pandémie.

A l’aube des huitièmes de finale d’Europa League contre l’Inter, le club de Getafe tente tant bien que mal de mettre les autorités face à leurs responsabilités. « Si on doit perdre le match sur tapis vert, tant pis, mais nous n’irons pas en Italie […] Nous n’irons pas dans un foyer du coronavirus », prévient Angel Torres, président du club madrilène d’un ton cinglant.

Même son de cloche du côté de Nuno Esprito Santo, après le match nul (1-1) arraché par les loups de Wolverhampton sur la pelouse de l’Olympiakos : « On est là, en train de jouer un match de football, alors que des gens sont en train de mourir. C’est absurde ! »

Dans les bureaux de Nyon, l’UEFA ricane et lui fait un doigt d’honneur. C’est bien connu. L’argent appelle l’argent. Mbongo appelle mbongo.

Il faudra attendre le vendredi 13 mars pour que le principe de précaution sanitaire triomphe finalement des valeurs cupides qui régissent la Planète foot.

Bon gré, mal gré, le Comité olympique Italien (CONI) annonce l’annulation de tous les évènements sportifs sur son territoire et la suspension de la Serie A jusqu’au 3 avril. L’Espagne, le Portugal, la France, l’Angleterre et l’Allemagne se résignent à emboîter le pas de leur voisin transalpin, votant ainsi l’interruption de leurs championnats respectifs. Plus de Liga, de Liga Nos, de Ligue 1, de Premiere League ou de Bundesliga sur nos écrans.

Les autres sports également mis sous cloche

Les autres disciplines sont également impactées. En moins d’une semaine, ce sont des dizaines d’évènements sportifs qui sont reportés voire carrément annulés. Le Tournoi des 6 Nations, le Top 14, la Pro D2 en Rugby. Les Grands Prix d’Australie, Bahreïn, Vietnam et Chine en Formule 1. Les Grands Prix du Qatar, de Thaïlande, des Etats-Unis, d’Argentine en Moto GP. Le Giro en Cyclisme, la saison régulière de NBA, NHL, MLB et MLS aux Etats-Unis. Le Tennis n’est pas plus épargné puisque l’ATP Tour et le WTA Tour décident également de mettre en suspens pour au moins six semaines le circuit masculin et féminin. Les Masters 1000 d’Indian Wells et de Miami sont supprimés du calendrier. Ceux de Monte-Carlo, Rome et Madrid ne sont pas encore menacés mais pourraient faire l’objet d’un éventuel report si la situation continue.

L’Industrie du sport mondial, véritable eldorado qui génère chaque année près de 2% du PIB Mondial (près de 1 200 milliards d’euros), se retrouve brusquement mis à l’arrêt, frappé de plein fouet par un adversaire que personne n’avait jusque-là vu venir.

Coronavirus et sport : quelles leçons tirer ?

Dans une époque marquée par les discriminations et les inégalités, cette crise sanitaire sans précédent nous montre que nous sommes tous égaux face à la maladie. Et surtout tous égaux face à la mort. Cette crise nous rappelle l’espace d’un instant que le sport, si souvent source d’euphorie et d’hystérie n’est qu’un simple divertissement. Qu’une simple distraction au milieu de tant de drames et de tragédies.

Freddy Mercury, icône de rock et leader incontesté du groupe Queen, chantait en 1991 « The Show Must Go on » en pleine bataille contre la maladie.

La vie nous fait aujourd’hui comprendre qu’il arrive pourtant un moment où les lumières doivent s’éteindre. Un moment où le rideau doit tomber et le show s’arrêter.

Et ce moment est justement arrivé.

The show must stop.

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